3 raisons de combattre le syndrome de l’imposteur

Vous êtes vous parfois demandé si vous pouviez être artiste peintre avec deux parents médecins ? Ou bien médecin avec des parents saxophonistes ? Ou encore boulanger avec des parents intolérants au gluten ? Avez-vous déjà eu peur que vos gênes, décident pour vous ?  Que l’hérédité soit en réalité un synonyme parfait au mot “fatalité” ? Non ? Ça tombe bien, je suis là pour me poser les questions que vous n’aviez pas envie de vous poser et sans lesquelles, ça va, merci, mais vous viviez tout à fait bien jusque là.

Il faut se demander tout de même si le fameux syndrome de l’imposteur ne commence pas là, dans une sorte de “droit à” que nous propose la vie à travers le prisme de nos parents.

Si nous tentons quelque chose hors de notre champs des possibles, alors nous imaginons que nous n’avons pas le talent nécessaire pour y arriver.

Selon moi, une des raisons à cela, provient du fait que notre société admire le concept de talent. Le talent, c’est un peu de la magie. Et la magie, on a tous envie d’y croire.

Un exemple ? Souvenez-vous pendant vos études. Quelle était l’image de l’intello ? De celui qui était toujours assis au premier rang et qui avait fait ses devoirs ? 

À l’inverse, que pensait votre classe de celui qui avait des bonnes notes sans travailler ? D’ailleurs, n’avez-vous jamais déclaré fièrement que “vous n’avez pas révisé” avant d’entrer en examen ?

C’est ce qu’avance Pierre-Marie Chauvin, maître de conférences en sociologie à la Sorbonne. Dans notre société, il y a une forme de “valorisation aristocratique de la réussite qui s’obtient sans avoir à faire d’efforts, par le simple fait d’être présent”. En revanche “les fayots (…) sont à l’opposé de cette cool attitude.

On le retrouve aussi dans le concept de “success story”, notamment dans l’entrepreneuriat, où l’on aime à croire qu’un claquement de doigt a permis richesse et réussite. Il faut dire que ça nous arrangerait bien. Personnellement, je claque des doigts très bien.

Le talent plutôt que le travail donc. Un truc qui se trouverait dans les gênes alors. Sinon où ? Nous n’avons pas vraiment d’autres cachettes secrètes dans notre corps. 

Mais si le talent était un gêne transmis ou non par nos parents, alors ce serait terrible pour ceux qui ne l’ont pas. Terriblement injuste.

Alors voici 3 approches qui prouvent que vous pouvez être qui vous voulez et que rien n’est inscrit dans votre ADN.

 

  • La nature comme exemple : la grenouille des fraises.

Cette grenouille qui vit en Amérique centrale peut être de différentes couleurs : rouge, bleu, jaune, verte et même bicolore. 

Pour faire simple voici ce qui se passe dans la vie de ces grenouilles. 

Le mâle féconde les oeufs de la femelle, puis veille sur eux. À l’éclosion, la femelle installe les têtards sur son dos et va les mettre en lieu sûr. Au cours de ce trajet, la mère transmet à ses petits leur future orientation sexuelle de manière à ce que, une fois adultes : 

  • Les femelles choisissent des mâles de la couleur de leur mère.
  • Les mâles soient plus agressifs envers les autres mâles de la couleur de leur mère.

Ok merci Jamy mais j’en fais quoi de ce cours de SVT ? me direz-vous.

Attendez, ce n’est pas tout.

En laboratoire, ce phénomène se vérifie. Les chercheurs ont alors permuté les têtards. Et là, surprise. Les grenouilles rouges élevées par des parents bleus, ont choisi les bleus : les femelles pour se reproduire, les mâles pour se battre. 

Conclusion ? L’imprégnation est plus forte que les gênes.

Conclusion de la conclusion ? Vous auriez pu être une tout autre personne avec des parents différents. 

Que conclure de la conclusion de la conclusion ? Rien n’est écrit en vous donc rien ne vous empêche d’être ce que vous voulez être. (Vous n’êtes pas une grenouille)

 

  • L’environnement et l’éducation comme preuve : Céline Alvarez

Pendant 3 ans, Céline Alvarez s’est occupée de trois classes de maternelle à Gennevilliers. Dans son livre “Les lois naturelles de l’enfant” (éditions les Arènes), elle explique comment la mise en place d’un certain environnement a engendré un changement drastique dans les fonctions cognitives de l’enfant. Des enfants qui avaient jusqu’à 8 mois de retard dans leur apprentissage ont non seulement rattrapé celui-ci, mais ont surtout dépassé ce retard, jusqu’à se trouver “en avance” par rapport aux enfants du même âge. Certains élèves, ont même atteint en maternelle, le niveau d’un élève moyen de CE2. Pour cela, Céline Alvarez a mis en place des principes simples tels que l’autonomie (laisser faire) ou un langage soutenu (beaucoup de mots = beaucoup d’outils pour affiner sa pensée)

Évidemment, le cerveau d’un enfant est plus flexible que celui d’un adulte. Mais “laisser faire”  revient simplement à tenter les choses, à s’offrir notre propre autonomie. Et concernant l’idée du langage, il s’agit tout simplement de notre environnement :  si l’on s’entoure de ceux qui nous inspirent, on s’imprégnera de leur influence.

 

  • L’exemple vivant : Jacques a dit. 

Jacques Brel, un auteur compositeur interprète poète acteur et réalisateur belge un issue… d’une famille d’industriels. Le Grand Jacques l’a dit et il était bien placé pour le revendiquer : le talent, ça n’existe pas. Il faut juste avoir envie. Le reste, c’est du travail.

On peut l’écouter en boucle pour se le rappeler (en cliquant sous l’image ci-dessous) tout en se lançant dans le projet qui nous fait rêver autant qu’il nous effraie. 

 

Du coup, on a deux nouveaux slogans :  “working hard is the new cool” et « Be a frog, not a princess. »

 

 

Article Sophie Astrabie