Girls Next : le projet dont vous êtes l’héroïne

On est toutes la fille d’à côté d’une autre. Une héroïne ordinaire.

Girls Next est né de l’idée que chaque jour, nous avons mille fois l’occasion d’entendre les histoires de filles qui, aux yeux de la société, ont “réussi”. À l’inverse, nous ne savons rien de celles qui essayent, de celles qui échouent ou même de celles qui n’ont pas particulièrement envie de réussir. Pourtant toutes ces histoires, nous avons quand même envie de les entendre. Parce qu’il y a du beau dans l’ordinaire et de l’inspiration même dans les choses simples.

Alors nous avons décidé d’aller à la rencontre des “girls next door”, ces filles comme les autres qui se trouvent juste à côté de nous, et de leur donner la parole.

Des interviews de femmes ? Pourquoi ?

Si le French Curiosity Club est à l’origine, de la curiosité « verticale » – une femme qui parle à un groupe de femmes –  nous voulions aussi créer de la curiosité « horizontale » : faire en sorte que les pépites de notre communauté (vous) se découvrent chaque mois au fil de portraits simples et authentiques.

Mettre en avant des femmes, vous le savez, c’est notre crédo. Mais savez-vous vraiment pourquoi cela nous tient tant à coeur de le faire aussi par écrit ?

En 2016, une analyse de 1 064 articles de quatre des principaux titres de presse français a étudié durant cinq jours la place qu’occupent les femmes dans la presse.

Voici le résultat :

Dès la première page des journaux, sur l’ensemble des 20 numéros étudiés, on ne compte que 14,2 % de femmes en une. (Or, vous le savez, concrètement, il n’y a que deux genres sur cette Terre.)

Même constat en pages intérieures, lorsqu’une personnalité est citée dans un titre, il s’agit, dans 78,4 % des cas, d’un homme.

Sur les 675 photos de presse présentent dans les articles de cette étude, 550 font figurer un homme.

En ce qui concerne les interlocuteurs des journalistes, Le Parisien et Libération interrogent 73 % d’hommes, Le Figaro 79 % et Le Monde 82 %.

Et si l’égalité, c’était d’abord la visibilité ? .

L’autre jour, mon amie Camille m’a posé cette question. Elle venait de me dire qu’elle allait sûrement accepter cette offre de CDI dans cette entreprise confortable qui lui offrait un salaire, des horaires avantageux et des collègues sympa.

Il faut dire qu’il y a 3 ans, Camille a démissionné pour changer de voie. Elle a repris ses études tout en faisant le choix de ne pas abandonner ses deux enfants, mais elle a raté son diplôme à cause d’une matière. Une simple matière scientifique, elle qui a eu un Bac littéraire il y a plus de dix ans. « Tu ne me trouves pas nulle ? » voilà ce qu’elle me demandait. Et voilà ce que je devais décider.

Camille était-elle nulle ?

Réponse A : oui. Réponse B : non.

Qui étais-je pour le décider ? Mais surtout à partir de quels critères devrais-je le faire ?

Camille est sûrement l’une des meilleures si on considère qu’elle met 10 minutes porte à porte pour arriver sur son lieu de travail quand certains mettent plus d’une heure. Par exemple.

Camille est-elle nulle d’avoir fait son travail correctement (et même mieux que ça) et de se voir offrir un CDI ?

Camille est-elle nulle d’avoir inscrit son fils au rugby et d’aimer le surprendre en allant assister à ses entraînements ?

Camille est-elle nulle d’avoir essayé de travailler dans un nouveau domaine comparé à tous ceux qui n’essayent pas ?

Camille n’est pas nulle, elle a juste fait ses choix, qui en seront peut-être d’autres dans trois jours, quatre mois, cinq ans.

Camille n’est pas nulle parce que sa réussite n’appartient qu’à ses critères.

 

«Je ne suis pas ambitieuse parce que je n’ai pas vocation à gagner beaucoup d’argent

Quelques jours plus tard, une amie m’a dit cette phrase. Je n’en revenais pas. Je lui avais justement posé cette question à elle, parce que je trouvais qu’elle était bien placée pour me répondre. Elle, que je trouvais si ambitieuse.

«Ce que je fais, je le fais dans le seul but d’être heureuse. De m’épanouir. » poursuivit-elle comme pour étayer sa réponse.

«Je trouve que l’ambition est un mot négatif. Souvent, il insinue d’être prêt à tout pour y parvenir.» Sa réponse m’a tellement perturbée que j’ai voulu aller vérifier la définition dans le dictionnaire. Et voilà ce que j’ai trouvé.

Ambition : désir ardent de posséder quelque chose, de parvenir à (faire) quelque chose. 

À quel moment l’ambition a-t-elle pris cette tournure négative ? Pourquoi dans la croyance populaire, certains mots comme argent, pouvoir, gloire, sont venus remplir ce vide laissait par ce « quelque chose » ? Pourquoi les avoir choisi eux, alors qu’ils auraient pu en être tant d’autres ?

L’ambition de Girls Next est de réhabiliter cette définition. De permettre à chacune d’en faire ce qu’elle en veut, puisque finalement, chacune peut choisir sa quête.

Être riche, être heureuse, avoir du temps, éduquer ses enfants, sculpter son corps, voyager, parler plusieurs langues, avoir une maison dans laquelle on se sent bien, lire beaucoup, avoir plein d’amis, profiter de sa famille, avoir vu tous les films américain du XXème siècle… Ayons l’ambition qui nous ressemble mais surtout, soyons libres de nos ambitions.

Envie d’être la prochaine Girls Next ? Écrivez-nous à hello@frenchcuriosityclub.com
Nous sommes toutes des héroïnes de l’ordinaire.
Source : Les femmes, toujours en minorité dans les médias, Le Monde, 7 avril 2016.